Si on nous avait dit qu’un jour, Montréal deviendrait une destination prisée pour les camps d’entraînement de clubs européens, on vous aurait poliment demandé d’arrêter de dire des conneries. Pourtant, c’est bel et bien arrivé. 

Le Chelsea de Mourinho et le Real Madrid de Zizou ont posé bagages en 2015 et 2016 respectivement, et c’est au Centre Nutrilait de l’Impact de Montréal qu’ils l’ont fait.

Accompagnée de la photographe Celia Spénard-Ko, l’équipe de Lavictoire a eu droit à une visite guidée de la résidence secondaire des joueurs du Bleu Blanc Noir, de l’Académie et des Écoles de soccer de l’Impact: un lieu où le soccer moderne a rendez-vous avec une partie de l’histoire de Montréal.

Première caserne de pompier de la Cité de Maisonneuve, la caserne Letourneux été rénovée par l’Impact, 100 ans après sa construction. Les plans originaux datant de 1914 nous rappellent la richesse de cet édifice.

L’architecte Marius Dufresne s’était inspiré du Unity Temple à Chicago, dessiné par l’américain Frank Lloyd Wright. Conçue surtout sur l’horizontale, la caserne est  l’unique bâtiment montréalais inspiré par le style Prairie de Wright. La tour, qui servait à l’époque de tour de guet et d’espace pour sécher les boyaux d’arrosage,  a été transformée en superbe salle de rencontre moderne pour les dirigeants du club.

On repère rapidement la prise AUX du vestiaire, mais on se garde une petite gêne. On n’a pas envie de mettre le feu à l’ancienne caserne.

Le contraste entre les installations du centre d’entraînement et les fondations du bâtiment est évidemment la première chose que l’on remarque en entrant. Le marbre et les murs de brique d’origine coexistent parfaitement avec les meubles et équipements modernes du complexe sportif. Le Centre Nutrilait a vraiment de quoi rendre jaloux plusieurs clubs de la MLS et européens.

On passe rapidement d’un mur où les barrières de prison nous rappellent que le bâtiment a également servi de poste de police, à une cafétéria blanche au look épuré qui surplombe la salle d’entraînement. On longe les longs couloirs de brique. Des photos et mots de motivation aux couleurs de l’Impact rappellent aux joueurs que le soccer se joue avant tout, dans la tête.

Le Centre Nutrilait de l'Impact de Montréal (Celia Spénard-Ko)Le vestiaire, pièce de résistance de l’édifice, est un véritable chef d’oeuvre. Il nous faut quelques minutes avant de réaliser qu’il s’agit d’un vestiaire… de centre d’entraînement. On repère rapidement la prise AUX du vestiaire et on a vraiment envie de se brancher, mais on se garde une petite gêne. On n’a pas envie de mettre le feu à l’ancienne caserne No 1 de Montréal.

Chaque joueur a son casier privé en bois deluxe –on n’est vraiment pas bon avec les types de bois-, avec station de chargement pour faciliter les selfies et nombreux snaps dans le vestiaire. Tout ça nous fait vite oublier Claude-Robillard.

La tour, qui servait à l’époque de tour de guet et d’espace pour sécher les boyaux d’arrosage, a été transformée en superbe salle de rencontre moderne pour les dirigeants du club.

On prend le temps de visiter chaque pièce : salles de cours des jeunes de l’Académie, cuisine, salle d’entraînement, bains, salle de rencontre et bureaux des entraîn… “Ah, non, on n’ira pas là”, nous dit-on.

On se met à rêver à des noms de joueurs écrits sur les babillards de Mauro Biello. Après tout, les noms de Marco Di Vaio et de Didier Drogba devaient probablement être été inscrits sur ce même tableau il y a quelques années. 

On quitte la caserne, fort impressionné par cette visite guidée. On n’a vraiment pas de mal à croire que le Centre Nutrilait doit être parmi les meilleurs centres d’entraînement d’Amérique du Nord.

Si Zizou l’a dit, c’est parce que c’est probablement vrai.

Photos prises par l’excellente Celia Spénard-Ko.

On tient à remercier l’organisation de l’Impact pour cette visite très spéciale.